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8 mois ago 123websol 0
La dépression post-partum est une maladie qui touche de nombreuses femmes, et aussi des hommes, après la naissance de leur bébé. Les symptômes varient selon les individus et la gravité de la dépression, et diffèrent du baby blues.

Le baby blues

 
Le baby blues ou « syndrome du troisième jour » apparaît chez la mère dans les premiers jours qui suivent l’accouchement. Les symptômes se manifestent par de l’irritabilité, de l’anxiété, de la vulnérabilité et des sautes d’humeur. Il s’agit d’une réaction transitoire qui s’explique par des changements physiologiques (chute hormonale importante), une augmentation du stress et un manque de sommeil. Le baby blues peut affecter jusqu’à 80 % des femmes. Il est généralement passager et dure de quelques heures à 15 jours. Dans la plupart des cas, les symptômes s’estompent d’eux-mêmes sans qu’il n’y ait d’intervention.
 
Voici toutefois quelques moyens pour vous aider à vous sentir mieux :




 
  • Prévenez votre conjoint ou vos proches que vous ne vous sentez pas bien et que vous avez besoin de leur aide (s’occuper du bébé, cuisiner, faire le ménage à votre place, etc.);
  • Prenez soin de vous : dormez, prenez un bain (sauf si vous avez eu une césarienne), sortez pour vous changer les idées, faites-vous plaisir;
  • Faites des activités avec votre bébé : promenade extérieure, contact peau à peau, etc.
  • Si, après plusieurs semaines, vous vous sentez encore malheureuse ou dépassée par les événements ou si vous portez peu d’intérêt à votre bébé, vous ne souffrez sans doute plus de baby blues mais plutôt d’une dépression post-partum (ou postnatale).

La dépression post-partum

 
La dépression post-partum peut se manifester à tout moment pendant l’année suivant l’accouchement. Les spécialistes s’entendent pour dire qu’il n’existe pas de cause unique à la dépression postnatale, mais plutôt une combinaison de facteurs qui peuvent tous jouer un rôle dans son déclenchement. La dépression post-partum peut ainsi s’expliquer par des causes physiologiques, mais elle peut aussi être déclenchée par les énormes changements de vie provoqués par l’arrivée du bébé. Elle peut également être causée par le fait qu’on se sente dépassé, voire submergé, par les contraintes et par un manque d’équilibre entre les tâches et les activités agréables.




 
Les études rapportent que la dépression post-partum (dépression majeure) touche environ 7 % des mères au cours des trois premiers mois suivant l’accouchement. Elle peut toutefois affecter jusqu’à 19 % des femmes dans le cas d’une dépression légère. Selon les études, le taux de dépression postnatale est, de manière générale, plus élevé trois mois après l’accouchement et diminue graduellement par la suite.
 

Facteurs de risque et conséquences de la dépression post-partum

 
Les femmes qui ont déjà souffert de dépression ou d’anxiété dans le passé ou pendant leur grossesse sont plus à risque de développer une dépression post-partum. D’autres facteurs de risque ont été reconnus, par exemple avoir récemment vécu des événements stressants (ex. : déménagement, stress financier), être peu soutenue socialement, démontrer une faible estime de soi et avoir une moins grande satisfaction conjugale.
 
Contrairement au baby blues, la dépression post-partum est plus grave. Dans les cas les plus sévères, elle peut non seulement nuire à la mère, mais nuire aussi au développement du lien d’attachement entre elle et son bébé et réduire ses interactions avec lui. Le développement cognitif, social et affectif de son enfant pourrait même en être affecté. Puisque le traitement est plus efficace lorsque la dépression post-partum est détectée tôt, la mère qui pense en souffrir doit demander du soutien. Cela l’aidera à retrouver le sourire et à profiter pleinement de son bébé. Le père et les autres membres de l’entourage immédiat de la mère en dépression doivent s’assurer qu’elle obtient l’aide dont elle a besoin.
 

Pères et dépression post-partum

Pendant qu’elle se rétablit, le père occupe un rôle central et devra peut-être prendre la relève et l’aider à maintenir un contact avec le bébé. Il ne faut toutefois pas oublier qu’il doit, lui aussi, s’adapter aux changements provoqués par l’arrivée du bébé. Les études rapportent d’ailleurs que les pères peuvent aussi développer des symptômes dépressifs en post-partum. Au cours des trois premiers mois suivant l’accouchement, environ 7 % d’entre eux présentent des symptômes dépressifs, et ce taux atteint environ 25 % trois à six mois après la naissance de leur enfant. Par la suite, la proportion de pères touchés diminue. De même, le nombre de mères présentant des symptômes dépressifs atteint aussi un sommet pendant la période trois à six mois après l’accouchement (environ 41 %). Les pères sont d’ailleurs plus à risque de développer des symptômes dépressifs si leur conjointe souffre de dépression. Les nouveaux papas peuvent donc aussi avoir besoin d’aide durant cette période et ne devraient pas hésiter à consulter.
 
Soyez vigilant si vous présentez plusieurs des symptômes suivants :
 
  • une profonde tristesse sans raison apparente;
  • un épuisement permanent ou des problèmes de sommeil (dormir trop ou pas assez);
  • un sentiment de dévalorisation ou une culpabilité excessive (impression d’être une mauvaise mère, difficulté à établir un lien avec votre bébé);
  • un sentiment d’irritabilité et de refus de votre bébé;
  • une extrême anxiété (surtout en ce qui a trait au bien-être de votre enfant);
  • une incapacité à s’occuper correctement de votre enfant;
  • un désintérêt pour les activités ou un manque de plaisir durant celles-ci;
  • un changement d’appétit;
  • le sentiment que les choses ne s’amélioreront jamais.
Si ces sentiments vous empêchent pratiquement de faire quoi que ce soit et deviennent envahissants ou si vous craignez de vous blesser ou de blesser votre bébé, consultez rapidement un médecin ou un psychologue. 
 

Image de la maternité et dépression

Dans notre société, on a souvent l’impression que la maternité doit toujours être une expérience positive. Pourtant, ce n’est pas toujours le cas. Cette image peut favoriser l’apparition d’un sentiment de culpabilité ou d’incompétence ou encore causer une perte d’estime de soi chez les femmes pour qui la maternité n’est pas toujours rose.
Essayez de ne pas vous laisser toucher par cette image. Ce n’est qu’une image. Souffrir de dépression post-partum ne fait pas de vous une mauvaise mère. N’hésitez d’ailleurs pas à en informer votre entourage. Avoir besoin d’aide arrive à tout le monde à un moment ou à un autre.